Religions, sectes et spiritualité

5 août 2009

Habituellement, la compréhension du mot « religion » ne pose aucun problème. Le mot renvoie immédiatement à ces courants de pensée très répandus comme le christianisme, le judaïsme ou l'islam – soit les trois religions monothéistes. Cependant, si l'on veut creuser un peu, pour aller voir plus loin, la notion de « religion » devient beaucoup plus floue. Se demander si l'hindouisme est une religion, amène directement la question suivante : Quel serait le point commun, le cas échéant, entre l'hindouisme et les trois monothéismes pour qu'ils puissent tous être qualifiés de « religion » ?

Le problème n'est pas si facile que ça à trancher, et il se complique encore lorsqu'on connait la diversité des cultes existants. Il y a des subdivisions à l'intérieur de chaque monothéisme, parfois très profondes, et en dehors d'eux une masse considérable de personnes qui se réclament de telle ou telle autre obédience. Pire encore, les mots employés sont parfois ambigus, et peuvent être compris différemment selon l'époque, l'endroit ou le point de vue que l'on prend (« secte » est un bon exemple).

Pour s'y retrouver, une petite classification s'impose. On peut faire le choix de qualifier de « spiritualité », d'une façon très large, toute attitude relevant de la croyance. Ainsi on parlera à la fois des sectes, des religions et de tous les autres mouvements extérieurs à ces deux dernières catégories (par exemple : le New Age, ou la franc-maçonnerie).

Le terme « religion », quant à lui, renvoie à un type précis de spiritualité. La religion a cette caractéristique supplémentaire d'être une institution. C'est-à-dire qu'elle est organisée, et qu'elle possède une figure de proue, ou plus largement une référence à l'autorité (notamment via les dogmes). Elle se caractérise encore par une soumission de la part du croyant à un ou plusieurs dieux transcendants, et par des rituels incontournables très marqués.

Enfin les sectes peuvent être considérées comme une forme déviante de spiritualité. Les sectes sont « hors-normes », anormales. Elles peuvent subsister sous le qualificatif de religion, ou faire plus vaguement partie des spiritualités parallèles, sauf qu'elles sont dites nocives pour la société qui les accueille ou pour le croyant qui y adhère. Il est important de remarquer que le terme est péjoratif et, par conséquent, que personne ne s'en revendique. « Secte » est une accusation, et elle est parfois largement discutable[1].

Notes

[1] MORELLI A., Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Bruxelles, Labor, 1997.


Dossier « Philosophie » apparenté (Approfondir la religion) :
Voir aussi :